Vous trouverez ici des textes qui se veulent sans prétention, écrits par des personnes qui vivent l'école à la maison et qui en parlent tout simplement au quotidien.
D'ailleurs, je lance un appel aux gens qui font l'école à la maison en français, n'importe où dans le monde, si vous avez le goùt d'écrire sur ce que vous vivez, c'est le moment. Envoyez-moi vos textes, je me ferai un plaisir de les inclure ici! Ce sera notre page!!! On a besoin de textes français sur le web.
Nous commencerons donc cette page avec ceux que j'ai moi-même rédigés pour diffférentes personnes.
Texte publié sur le site de l'Escale pour le groupe de discussion
Cette année, j'ai décidé de garder ma fille à la maison, parce que je trouvais que la placer dans l'autobus à 7:30 a.m. et de la revoir à 15:30 c'était trop. Le fait de vivre en campagne oblige ce train de vie. Je trouvais qu'à 5 ans c'était beaucoup. J'ai demandé à l'école pour aller la chercher moi-même pour le dîner et on a refusé: "C'est tout ou rien..." Alors moi et mon mari on a décidé que ce ne serait rien!
Je n'ai pas beaucoup de crainte puisque la maternelle n'est pas obligatoire... L'an dernier, je les avais inscrits, elle et son frère, à une pré-maternelle, pour qu'ils voient d'autres enfants,c'est ce que j'ai refait cette année. J'étais inquiète, comme le mentionne Josette, qu'ils ne vivent pas ce que moi j'avais vécu, des amis d'école. J'étais inquiète qu'ils ne développpent pas leur coté social. Alors je me suis mise à fouiner sur Internet.
Je croyais que j'étais un peu, voir beaucoup, folle de penser à enseigner à mes enfants, je croyais aussi être la seule, la première à avoir eu cette idée... Et bien, à ma grande surprise je n'ai rien inventé... j'ai trouvé des dizaines, des centaines de sites de "Home schooling". Il y aurait, selon des études, plus de 500,000 enfants américains et plus de 50,000 canadiens à qui les parents enseignent à la maison! Moi qui pensais être toute seule...
Il est vrai que sur Internet la plupart des choses sont en anglais, il est vrai que la plupart des canadiens sont anglais, mais je découvre en cherchant et en en parlant,de plus en plus de français. J'étais inquiète pour le social et bien maintenant si je m'inquiète c'est d'avoir trop de social... J'ai découvert 3 groupes de soutien dans mon coin, un bien établi et deux autres qui ne demandent qu'à s'établir. Il y a des rencontres une fois par semaine avec les enfants et une fois par mois pour les parents, une fois par mois aussi, une sortie importante.Comme vous le voyez on peut facilement compenser pour le social scolaire. Depuis février, moment où j'ai eu "l'idée", mes enfants n'ont jamais eu tant d'amis... J'ai été en visite chez des gens qui font la même chose, d'autres gens sont venus chez nous, et ainsi des liens se créent. J'étais inquiète, je ne le suis plus, du moins plus sur ce coté. Il est certain que lorsque l'on prend une telle décision on se demande si on ne fait pas une grosse erreur, puisqu'on a jamais vu çà. Mais dans le fond ce qui est important c'est de garder les yeux bien ouverts. J'adore mes enfants et je ne ferais rien qui pourraient leur nuire. Je crois pouvoir leur apporter beaucoup, tant au niveau pédagogique qu'au niveau de la vie. En effet, je crois que notre qualité de vie ne peut qu'être meilleure, pas de course contre la montre le matin pour l'autobus, pas d'horaire fou à suivre à 5 ans (soit comme je le disais 7:30 à 15:30), pas de devoirs à faire à la sortie de l'autobus.
Coté pédagogique, je suis enseignante de formation, alors si je ne suis pas capable de voir à çà... Et quoi de mieux pédagogiquement que le ratio un pour un ou même un pour trois(plus tard). Un enseignement personnalisé en fonction de la demande... Nous avons une école de campagne qui diminue toujours ses entrées; cette année la sixième année s'en va en ville... il ne restera qu'environ 60 enfants pour 6 niveaux. Il est normal qu'elle ne puisse pas suivre le mouvement informatique ou proposer la musique, ou quoi encore, les budgets ne le permettant pas. Je ne me plains pas, une école avec ce petit nombre d'enfants ne peut pas penser entrer en compétition avec une autre à Montréal par exemple. C'est pourquoi, je crois que chez nous on peut aller plus loin... Mais j'ai le goût qu'ils touchent à plusieurs de ces disciplines, qu'ils aient de grands horizons. Si je le veux, je dois m'impliquer et agir. Quand pourraient-ils même penser à les pratiquer dans un horaire aussi chargé?
Et je parle et je parle, mais je suis emballée par mon projet. Je crois que la raison primordiale, dans ce choix que l'on fait pour nos enfants, doit être celle de croire que l'on fait ce qu'il y a de mieux pour eux dans une situation donnée, que ce soit à la maison ou à l'école.
J'aime mes enfants(5, 4 et 2 ans), et dans cette situation particulière, je crois que c'est le meilleur choix que je puisse faire.
Marie, 14 août 1997.
Réponse à une étudiante de l'UQAM pour son travail de session
Bonjour, D'abord, disons que moi aussi ma première visite sur Internet m'a laissée impressionnée... Pour répondre à ta première question: Je ne trouve pas paradoxale d'être enseignante et d'avoir le goût d'enseigner... Blague à part, je n'ai rien contre les enseignants dans le système scolaire, même que je leur lève mon chapeau par les temps qui courent...
La raison qui m'a amené à penser à l'école à la maison, c'est la maternelle à temps plein. En effet, ma fille devrait prendre l'autobus à 7:15 pour arriver à l'école à 8:25. A ma question: "Que feront-ils quand les enfants seront fatigués?", ils me répondirent qu'ils feraient une sieste l'après-midi... O.K.: "Alors, pourrais-je aller la chercher pour dîner et la garder pour l'après-midi?", non, c'est tout ou rien!!!
Je t'avouerai que j'étais très déçue de ce système. Je me suis mise à penser à la garder chez nous. J'en parlai avec mon mari qui pensa exactement comme moi, si c'est tout ou rien, alors ce sera rien! La maternelle n'étant pas obligatoire, j'ai de la difficulté à concevoir qu'elle le soit à temps plein!?!
Je m'inquiètais surtout pour le "social". Je la réinscris donc à la pré-maternelle, où elle allait déjà, deux après-midi/semaine.
Puis, me vint l'idée d'aller plus loin... Je croyais être la seule à avoir cette idée: garder mes enfants et leur enseigner! Je ne savais même pas à ce moment que c'était permis. En fouillant sur Internet, j'ai découvert des centaines de sites sur le sujet. Je n'étais plus seule, ils étaient 500,000 enfants américains et près de 50,000 canadiens à vivre cette expérience! Quelle surprise!
J'ai donc chercher à savoir s'il existait des groupes au Québec. J'en ai trouvé plusieurs. Ce n'est pas ce dont tu parles, mais plutôt des groupes de soutien. -Une fois par mois, les parents se rencontrent pour discuter de sujets variés. La première à laquelle j'ai assisté, portait sur l'élaboration d'un plan de cours... je me souvenais de l'université... Je travaille d'ailleurs sur ce plan, afin de le rendre plus concret. -Toutes les semaines, le vendredi après-midi, les enfants se joignent aux parents pour diverses activités: gymnastique, musique, science, séminaire portant sur différents sujets, etc... -Une fois par mois, il y a une plus grosse sortie. C'est très varié, de la cueillette de pommes jusqu'à un concert de l'OSM à la Place des Arts!
Comme tu vois, le social n'est pas un problème...
Je me sers de l'ordinateur de deux manières; les enfants seuls ou avec moi. Les programmes que j'utilise me permettent cette liberté d'action.
Tu vois, ce soir Amélie a sorti son cahier Espace Mathématique et a fait 2 unités, après elle m'a demandé une dictée!!! Mon garçon de 4 ans, Alexandre, m'a alors demandé un petit cahier comme Amélie pour faire des lettres...
Pour ce qui est des évaluations, je n'en aurai pas cette année puisqu'Amélie est de niveau maternelle, mais plus tard je pourrai la faire évaluer, à ma demande, dans ma commission scolaire. Il semblerait qu'ils n'y aient d'examens du ministère qu'en 3 et 6ème année, mais ça je devrai vérifier en temps opportun.
Amélie est une petite fille tranquille, qui aime beaucoup les livres, les ordinateurs, il faut que son frère l'entraine pour qu'elle se décide à jouer plus. Elle aime beaucoup l'école à la maison. Pour elle, c'est correct comme çà. Elle a des amis qui font la même chose, et d'autres non. Je leur parle souvent des différences chez les gens que l'on doit respecter: religion, couleur, handicap, etc.. Je leur explique que quelques fois les gens ne comprennent pas ces différences et sont "méchants". Alors pour elle, il n'y a pas de bon ou mauvais choix, juste une vie différente pour nous. Il faut dire que nous vivons en campagne, alors c'est surement plus facile à ce niveau, que sur la rue St-Denis par exemple.
Je voudrais également te mentionner que pour moi, cette année est un test. En effet, je veux voir comment les enfants réagissent à ce type de vie. Je veux aussi m'assurer que nous pouvons être disciplinée, dans le sens de poursuivre chaque jour notre routine. Je veux que les enfants aiment ça et que moi aussi j'ai du plaisir. Il va de soi que les objectifs pédagogiques doivent être atteints, car pour moi c'est la chose primordiale. Si tous ces points sont obtenus, alors je songerai à tenter l'expérience une autre année et ainsi de suite...
Je crois qu'il est possible d'obtenir de bons résultats avec cette méthode, mais je ne crois pas que ce soit fait pour tout le monde. J'aime mes enfants, j'aime l'enseignement et j'ai le goût de vivre cette vie. Elle me demandera plus de temps, plus de disponibilité, plus de responsabilités, mais je crois aussi qu'elle m'apportera beaucoup de joie, de fierté et de satisfaction.
Bon et bien je te laisse pour ce soir, je tombe de sommeil. Si tu as besoin de savoir autres chose n'hésites-pas!
Marie, 21 septembre 1997
Bonjour,
Je m'excuse pour le délai, j'avais terminé de te répondre la semaine dernière lorsque le courant est parti... j'ai tout perdu ma demie heure de travail et le goût de continuer aussi... Je me reprends donc!
> Est-ce que vous connaissez des noms d'organismes et de regroupements de parents qui gardent les enfants à la maison? Vous pourriez me les envoyer?
Tu peux aller à l'adresse www.flora.org/homeschool-ca/pq/ , tu y trouveras plusieurs groupes. Il y en a un que tu peux visiter, c'est celui dont je fais partie. Je suis même en train de construire son pendant français.
> (c'est pour boucler le côté statistique... exemple: combien êtes-vous au Québec à garder les enfants à la maison?...)
Il te sera difficile d'évaluer correctement le nombre d'enfants à la maison pour au moins deux raisons: toutes les associations ne sont pas sur Internet et tous les parents ne font pas partie des associations. J'ai lu à un moment dans un site américain, que l'on dénombrait 500,000 enfants aux USA et près de 50,000 au Canada. Je ne suis pas certaine de ces chiffres et je ne sais pas non plus où ils les ont pris.
> C'est votre première année d'école à la maison?
Officiellement oui, car ma plus vieille, Amélie, a 5 1/2 ans. Mais il est bien certain qu'avant je lui montrais des choses, mais je n'appelais pas cela école à la maison... j'appellerai cela "déformation professionnelle" !!! Si cela est positif cette année, alors j'envisagerai de continuer.
> Est-ce que les logiciels et toutes les nouvelles technologies informatisées > sont vraiment à la base de votre enseignement ou elles ne sont qu'appui et aide? > Que pensez-vous des logiciels que vous utilisez? Ont-ils vraiment une > qualité éducative ou simplement de jeu "éducatif"? > Vous baseriez-vous seulement sur l'ordinateur et les logiciels proposés pour > tous les apprentissages qu'Amélie devra faire?
Tous les logiciels ne servent que de soutien et de complément à mes "livres officiels". Mais ce n'est que parce que je veux faire prioritairement ce qu'ils font à l'école de mon coin. Avec plus d'expérience en la matière, je pourrais facilement ne me servir que de logiciels. Certains ont vraiment une grande valeur éducative
> Connaissez-vous quelqu'un qui ne fait qu'utiliser l'ordinateur pour tous les apprentissages que son enfant doit faire ? (Comme aux États-Unis dans le fond!)
Je n'en connais pas et je me doute que ce n'est qu'avec des enfants plus vieux que l'on peut faire cela. Tout ce que j'ai vu aux Etats-Unis était comme je le fais moi-même.
> Par ailleurs j'ai déjà contacté une autre dame qui elle aussi garde sa petite fille de 7 ans à la maison. Elle m'a dit que sa petite avait appris à lire toute seule par un logiciel anglophone "learning compagny"...
Si cela est possible, j'aimerais bien entrer en contact avec cette dame, par e-mail peut-être.
Je te donnerai mon adresse de site web, lorsqu'il sera en fonction.
Bye Bye
Marie, 2 octobre 1997
En ce début novembre, alors que l'automne montre son vrai visage, il me fait plaisir de vous envoyer mon texte sur l'école à la maison, prise 2! Cette fois-ci, comme ma chronique est insérée à même mon courriel, vous ne devriez avoir aucun problème à lire mon humble prose sur le sujet. N'hésitez pas à me faire parvenir vos commentaires. Je vous souhaite une belle journée et meilleure des chances dans votre enseignement à domicile.Éric Lafontaine
Chronique Éducation Apprendre à la maison
Marie Tremblay est une enseignante qui sort des sentiers battus. Sa classe, l’une des moins nombreuses du Québec, ne ressemble à aucune autre. Elle connaît par cœur ses trois élèves, qui sont aussi … ses enfants ! En septembre 1997, opposée à l’introduction de la maternelle temps plein, cette chauffeuse d’autobus de la STCUM troque son volant contre des craies blanches et une pile de cahiers d’exercices. Marie Tremblay n’est pas la seule à plonger tête baissée dans l’univers de l’éducation à domicile. Le magazine Newsweek, qui consacrait sa couverture du 5 octobre au phénomène du Home Schooling, faisait état de un million et demi d’élèves américains que leurs parents choisissent d’instruire à la maison. Un boom spectaculaire de 500 %, depuis 1990. L’école, on le sait, ne réussit pas à chacun. De tout temps, elle a présenté des lacunes. Un cancre célèbre : Albert Einstein. Mais quelle note doit-on accorder à l’enseignement prodigué en dehors des institutions du savoir? Les avis sont partagés, les études encore trop peu nombreuses pour se prononcer. Les 40 000 Canadiens qui font l’école à domicile (en toute légalité partout au pays comme d’ailleurs aux Etats-Unis) sont convaincus, eux, d’au moins une chose : leur progéniture s’en tire mieux sous leur aile bienveillante qu’au sein d’un milieu scolaire rongé par les problèmes. Un milieu qu’on délaisse, aux États-Unis, entre autres pour des raisons de sécurité. Comme en Californie, reconnue pour la criminalité et les gangs de rue de sa capitale, et dans 11 autres États où les enfants pris en charge à la maison représentent 1,5 % de la clientèle scolaire régulière. Un sommet, chez nos voisins du Sud. Par ailleurs, certains défenseurs de ce mouvement estiment que l’école a dénaturé l’apprentissage. Classes bondées, compétition excessive entre les élèves, rythme et sujets imposés, bref, la barque de l’Éducation s’en va à la dérive. Sans être la panacée, apprendre à la maison s’avère au moins un choix en accord avec leurs valeurs d’autonomie et de responsabilisation. En ce temps de désengagement financier des gouvernements, d’autres pourraient imiter les centaines de parents qui, au Québec, ont installé un tableau noir dans la cuisine. Ou plutôt un ordinateur. Car Internet arrive en force, gonflant d’espoirs et de possibilités nouvelles la voile de ces pédagogues mouture maison. Entre ceux qui croient possible d’améliorer l’école traditionnelle et les autres, encore marginaux, qui refusent d’y envoyer leurs enfants, des passerelles existent. Tout n’est pas noir ou blanc. Pourquoi ne pas préserver le meilleur des deux mondes? À l’évidence, les autorités scolaires doivent tirer des leçons des nombreuses expériences positives d’éducation à domicile. De leur côté, ceux qui tournent le dos à l’école traditionnelle ne doivent pas oublier qu’apprendre est avant tout un acte social. Comme le soutient le philosophe Albert Jacquard, je suis les liens que je tisse avec les autres. Le «je» de chacun résulte des «tu» qui lui ont été adressés. Et quand le seul «tu» qu’entend un enfant est celui de sa mère, il y a péril en la demeure. Bien sûr, un groupe d’élèves turbulents peut être, en soi, source de problèmes. Mais nier la richesse de sa diversité équivaut à jeter le bébé avec l’eau du bain. Au-delà de l’attention de parents aimants, l’enfant a besoin d’être confrontés par ses pairs. Musées, bibliothèques ou autoroute électronique sont de puissants outils de découverte. L’éducation à domicile doit créer ces lieux d’échange où la parole et la pluralité d’opinions ont droit de cité. Où peuvent se rencontrer des personnes différentes ?
Apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir ensemble comme des idiots. – Martin Luther King
Éric Lafontaine
Je me nomme Lynda Soucy et je fais l'école à la maison depuis le 8 mars1999.
Je suis la maman de 4 enfants âgés de 12, 10, 5 et 3 ans. Mes deux plus vieux fréquentent l'école publique. Mon fils de 12 ans ira au secondaire dans une école privé l'an prochain.
Je n'ai rien contre les écoles en général.
Mon fils de 5 ans est autiste de haut-niveau. Son père
et moi sommes chanceux car il fait parti des 20% d'enfants autiste n'ayant
aucune déficience mentale. Il a fréquenté la
pré-maternelle dès l'âge de 4 ans et demi. A
ce moment, je ne savais pas qu'il était autiste mais j'étais
consciente qu'il avait des réactions étranges pour un enfant
de son âge. Deux mois plus tard, je rencontrai un neurologue
qui me suggéra de voir un pédo-psychiatre. Le verdict
tomba et j'appris que mon fils était atteint du syndrome Asperger
(une forme d'autisme). La course des spécialistes et évaluations
dura 4 mois!!! J'étais vidé d'énergie et
mon fils aussi, je ne pouvais alors envisager l'école à
la maison de peur d'épuisement. Je faisais quand même
beaucoup de recherche sur les "Homeschoolers" à ce moment.
Durant cette période, je cherchais une école ou une classe
qui conviendrait à mon enfant. Une psycholoque dénicha
une petite classe de 8 élèves qui eux aussi avaient divers
handicaps. On appelait cette classe, Classe de développement.
Il n'y avait aucune notion académique enseignée dans ce groupe.
Toutefois, l'enseignante qui s'occupait des enfants était très
dévouée. Les classes, pour les autistes comme mon fils,
enseignent les notions académiques seulement lorsqu'ils atteignent
l'âge de 8 ans! Je trouve cette situation inacceptable car
mon fils est capable d'apprendre mais de façon adapté à
son handicap. De plus,
l'école la plus accessible pour les 6 à 9 ans,
se trouve à une heure de voiture de chez moi!!! Mon fils aurait
souffert de se voyage de deux heures aller-retour chaque jour de la semaine!
Nathanaël a fréquenté cette classe de septembre 1998 à mars 1999. J'étais très inquiète de ne pas être à la hauteur pour enseigner à Nathanaël car je n'ai aucune formation en enseignement. J'ai un diplôme à titre d'éducatrice en garderie. Ce qui me sécurise, c'est que mon conjoint détienne un doctorat en physique nucléaire car ainsi je n'ai pas à m'inquièter des mathématiques...
Nathanaël semblait très malheureux à l'école. Les réactions avaient débutées avant Noël. Pleurs, cauchemars, tics qui revenaient souvent etc. Je finis donc par me décidé et je dû affronter mes peurs. J'ai dû apprendre à me faire confiance côté enseignement et me sécuriser quant à la décision que j'avais prise car l'enseignante de mon fils me disait qu'il me manipulait!!! Ma famille et mon conjoint m'ont cependant beaucoup encouragé ainsi que l'ergothérapeute qui travaille avec Nathanaël.
Depuis mars donc, j'enseigne à mon fils (de façon adapté à son handicap) et il sait déjà lire! J'utilise un livre que mon plus vieux avait utilisé en première année comme méthode de lecture. Je dois composer avec le fait qu'il a des difficultés motrices donc il ne manipule pas très bien le crayon alors je travaille avec l'ordinateur car il est capable de taper les lettres sur le clavier. Je déniche toute sorte de trucs, exercices et idées nouvelles sur internet et dans les librairies. Pour ce qui est de la première année, l'école de mon secteur, peut me fournir une liste de livres pour enseigner l'an prochain. Encore une fois, j'adapterai le tout. Je peux aussi faire évaluer mon fils en juin de chaque année à l'école de mon quartier. La commission scolaire a été très gentille et respectueuse face à notre choix de retirer Nathanaël. Ce geste fut perçu comme un language d'amour face à notre enfant aux dires du directeur. Ce fut très réconfortant d'entendre d'aussi gentils mots!
La pédo-psychiatre ne cessait de dire qu'il fallait un enseignement personnalisé pour Nathanaël, alors je crois que je ne pouvais trouver mieux que l'école à la maison! Mon fils semble épanoui et heureux dans cette nouvelle façon de vivre. Le matin c'est l'école à la maison et l'après-midi nous faisons des activités extérieurs ou Nathanaël fait ce qu'il a tout simplement envie de faire. Je cherche présentement des groupes d'activités où il pourrait être accepter (comme par exemple:jeux dans un gymnase avec d'autres enfants, pic-nic familial,etc). Je recherche aussi un musicothérapeute. Je ne m'énerverai pas si je ne trouve rien car je chercherai d'autres activités.
L'important pour moi, c'est de voir Nathanaël me dire "moi j'aime ça l'école à la maison avec toi maman!" puis de le voir sourire et être heureux! J'ai l'impression d'être utile à mon fils et d'être là lorsqu'il a besoin de moi. De le voir évoluer de façon si harmonieuse est le plus beau des cadeaux!
Lynda Soucy
Saint-Louis-sur-Richelieu